Un interlocuteur vous appelle en se présentant comme un technicien, un conseiller bancaire ou un agent d’un service connu. Il vous demande d’installer un logiciel pour « réparer » votre ordinateur ou sécuriser un paiement. Ces outils servent parfois à prendre la main sur un appareil à distance. Une fois l’accès ouvert, un fraudeur peut voir ce qui s’affiche, manipuler certaines fonctions ou tenter de récupérer des données personnelles. Si vous avez suivi ces instructions, ne concluez pas automatiquement que vos comptes sont compromis : commencez par limiter l’accès et vérifiez les faits.
Coupez la connexion Internet de l’appareil concerné : désactivez le Wi-Fi ou débranchez le câble réseau. Ne poursuivez pas la conversation et ne communiquez aucun code reçu par SMS, mot de passe ou numéro de carte. Si l’appelant prétend agir pour votre banque, raccrochez puis contactez celle-ci avec le numéro figurant sur votre carte ou sur son site officiel, saisi vous-même. N’utilisez pas un numéro fourni pendant l’appel ou dans un message reçu. Si une opération bancaire vous paraît suspecte, demandez à votre banque quelles mesures prendre et, si nécessaire, faites opposition par ses canaux officiels. Notez les heures, les montants et les références des opérations contestées.
Depuis un autre appareil de confiance, changez en priorité le mot de passe de votre messagerie, puis ceux des comptes sensibles dont les identifiants ont pu être visibles ou réutilisés. Choisissez des mots de passe différents et activez l’authentification à deux facteurs lorsque le service le propose. Cette vérification ajoute une étape de connexion, par exemple un code ou une confirmation sur votre téléphone. Consultez aussi les réglages de sécurité de vos comptes : déconnectez les appareils ou sessions inconnus et vérifiez que les coordonnées de récupération n’ont pas été modifiées. Si vous avez saisi des données bancaires, signalez-le à votre banque même si aucune opération frauduleuse n’apparaît encore.
Avant de désinstaller le logiciel ou de réinitialiser l’ordinateur, conservez les éléments utiles : nom du programme, captures d’écran, messages, adresse de site, numéro d’appel et chronologie des faits. Ces éléments peuvent aider votre banque, un professionnel de l’informatique ou les enquêteurs. Maintenez l’appareil hors ligne jusqu’à ce que vous puissiez vérifier le logiciel et ses éventuels réglages d’accès à distance. Faites examiner l’appareil par un professionnel de confiance ou suivez les recommandations de Cybermalveillance.gouv.fr. Une simple désinstallation ne permet pas toujours de confirmer que toutes les modifications ont été supprimées. Si vous ne savez pas comment procéder, évitez d’installer un autre outil à la demande d’un interlocuteur inconnu.
Vous pouvez obtenir une première orientation auprès de 17Cyber, le service public d’assistance en ligne, ou consulter les conseils de Cybermalveillance.gouv.fr. Si vous constatez un préjudice ou une utilisation frauduleuse de vos données, rassemblez vos preuves et demandez aux services de police ou de gendarmerie quelle démarche correspond à votre situation. Certaines plaintes liées aux fraudes en ligne peuvent relever de THESEE, mais l’éligibilité dépend des faits : vérifiez les indications sur le site officiel du ministère de l’Intérieur. Méfiez-vous enfin des personnes qui vous recontactent en promettant de récupérer votre argent contre paiement ou en demandant un nouvel accès à votre appareil. Une victime peut être ciblée une seconde fois.
Installer un outil de contrôle à distance ne prouve pas, à lui seul, que des données ont été copiées ou qu’un compte a été détourné. En revanche, l’accès accordé justifie des vérifications méthodiques : couper la connexion, protéger les comptes depuis un autre appareil, prévenir la banque si nécessaire et conserver les preuves. Pour éviter que la situation se reproduise, ne donnez jamais accès à votre ordinateur à la suite d’un appel non sollicité ; contactez vous-même l’organisme par une source officielle.